Renforcer la surveillance électronique des frontières au Sahel

Le Poste militaire avancé d’Inatès, dans le Sud-ouest du Niger, à sa frontière avec le Mali, a été attaqué, le 10 décembre 2019, causant la perte de soixante-et-onze (71) militaires nigériens. Le terrible bilan a provoqué des coups de colère dans ce pays. Parmi les réactions, celles d’acteurs centraux de la vie politique du pays ont montré sur quoi se fonde leur doute quant à l’utilité des bases militaires installées au Sahel : le fait qu’elles ne fournissent pas toujours des informations sur les mouvements des djihadistes, aux moments critiques, aux forces armées des pays hôtes. Leur lenteur de réaction est aussi décriée, quand elles sont informées de combats en cours. Ces informations, stratégiques, permettraient aux armées du G5 de prévenir les assauts des djihadistes.  La surveillance des territoires ne peut être efficace que si des procédés électroniques sont utilisés, au regard de l’étendue de l’espace à défendre et au vu de la dynamique des allers et venues des terroristes. Les Américains sont leaders dans cette technologie et en vendent aux Français.

WAFO | Washington Forum: Terrorisme l’appel du G5 à la communauté internationale

Le Niger sous le choc après la mort de 71 soldats dans l’attaque d’Inates et la région du Sahel, sur le qui-vive, cherche une réponse plus efficace aux assauts répétés des groupes armés.

Les chefs d’Etat du G 5 Sahel se sont réunis en urgence à Niamey après la tragédie d’Inates alors qu’un sommet de clarification qui devait se tenir à Pau, en France, à l’appel du président Emmanuel Macron, a été reporté à janvier. Les groupes terroristes mettent la pression sur des forces de sécurité qui essaient de s’ajuster pour mieux faire face à la menace jihadiste. Quelle stratégie face aux groupes armés dans le Sahel ? Quel rôle pour la communauté internationale dans cette lutte contre le terrorisme ? Comment rassurer une opinion publique de plus en plus sceptique ? Autant de questions que nous allons aborder au cours de ces 30 prochaines minutes.

Afrique de l’ouest et l’expansion djihadiste.

Le terrorisme sahélien prend de l’ampleur et gagne de nouveaux territoires. Il fait peser dangereusement le curseur de la terreur sur le Golfe de Guinée. La montée des actes d’intolérance confessionnelle et la problématique structurelle auxquels font face nombreux Etats côtiers pourraient constituer un ressort de l’enracinement de la violence terroriste. Ostensiblement, au Sahel, le péril terroriste montre de plus en plus l’itinéraire de son expansion, mais brouille conséquemment la posture opérationnelle des Etats, du fait, notamment, de l’hybridation de ses méthodes ; entre prise en charge des frustrations populaires, enseignement de la haine et diffusion des théories de la conspiration.

L’Afrique peut-elle se passer des forces étrangères tant décriées sur le continent ?

Le concept de “forces de maintien de la paix” de l’ONU déployées en Afrique est devenu totalement obsolète, estime un ancien haut fonctionnaire de l’ONU.

Avec quelque 20 000 soldats étrangers déployés depuis une vingtaine d’années sur son territoire, la République démocratique du Congo bat tous les records. Ces forces dites “de maintien de la paix” assistent impuissantes aux massacres contre les populations dans l’est du pays. La ville martyre de Beni, dans la province du Nord-Kivu, en a particulièrement souffert en novembre 2019. Une centaine de personnes y ont été sauvagement tuées à la machette par des rebelles. Les Congolais manifestent bruyamment leur colère. Ils ne veulent plus de ces troupes étrangères venues faire de la figuration dans leur pays.

“Il n’y a pas de complot extérieur contre l’Afrique” A. Ould Abdallah

Alors que le sentiment anti-français croît de nouveau au sein des populations dans le Sahel, Ahmedou Ould Abdallah, ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, dénonce son instrumentalisation.

Emmanuel Macron a invité les dirigeants des pays du G5 Sahel dans le sud de la France, le 16 décembre prochain. Une rencontre dans un endroit symbolique, la ville de Pau, d’où étaient originaires plusieurs soldats français tués au Mali le 25 novembre dernier.

 

Sahel : contre les forces étrangères ?

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, des organisations de la société civile (OSC), des partis d’opposition, de même que des syndicats de travailleurs et d’étudiants, protestent de plus en plus contre la présence des forces étrangères dans leurs pays. Ces sentiments partent de plusieurs motivations : le respect de l’esprit des indépendances qui avaient amené les nouveaux États, tels la Haute-Volta (devenu Burkina Faso) et le Mali, à exiger le départ de l’armée française de leur territoire et, aussi, les relatifs faibles résultats des dites armées étrangères dans leur appui à la lutte contre le terrorisme.