Mali : démocratie, dogmatisme et sécurité

Le dogmatisme menace la démocratie et la sécurité au Mali et comporte des conséquences désastreuses pour l’ensemble du G5 Sahel…

Après Niamey la semaine passée, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se réunit demain mardi à Accra, pour encore délibérer de la situation du Mali. Opposée aux changements anti-constitutionnels s’ils sont initiés par des militaires, la CEDEAO n’a pas une position unanime sur le cas du Mali. Un pays qui vit une situation sécuritaire et politique exceptionnelle.

La Digue Mali va-t-elle céder ?

Depuis deux mois, un Iman, Mahmoud Dicko, à la tête du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), veut renverser le régime du président malien, Ibrahim Boubacar Keita (IBK), pour mauvaise gouvernance. Les manifestations organisées par le M5-RFP drainent des foules, à Bamako, notamment. La menace d’effondrement, qui pèse sur IBK, a aussi des implications sur la sécurité intérieure et sous régionale, sans compter ses répercussions internationales. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a dépêché deux délégations de médiation dont une de haut niveau, composé des présidents ghanéen, ivoirien, nigérian, nigérien et sénégalais. L’objectif était d’obtenir une sortie de crise qui sauvegarde les institutions démocratiques : maintien du président IBK, nomination d’un Premier ministre de consensus, reprise des élections législatives partielles, dans les circonscriptions où les résultats sont contestés, et installation d’une nouvelle Cour constitutionnelle. Refus du M5-RFP.

Sahel : le sommet des défis du G5 à Nouakchott

Prévu ce 30 juin à Nouakchott, le sommet du G5 Sahel aura lieu, Covid 19 oblige, dans un contexte régional et international hors normes. Un contexte qui réclame sa tenue effective pour discuter d’un ennemi incapable de négocier, mais difficile à défaire. Et aussi de l’engorgement de défis aggravés par le Covid 19, la fragilisation des économies et l’indigénisation des groupes terroristes.

 

 

vers la fin d’une hégémonie terroriste algérienne au Sahel ?

 Interview Ahmedou ould Abdallah par Christine H. Gueye, Sputnik

Pour le président du Centre 4S, Ahmedou ould Abdallah, la mort d’Abdelmalek Droukdal sonne la fin de l’hégémonie algérienne, maghrébine au Sahel. Dans l’affrontement que se livrent actuellement AQMI et Daech au Mali, le fait saillant est l’émergence de chefs terroristes locaux. Une indigénisation qui va rendre plus difficile leur traque. Entretien.

L’élimination d’Abdelmalek Droudkal, le 3 juin, à Talhandak (région de Tessalit, nord Mali), a été saluée comme un succès majeur des forces françaises. Plus connu sous le nom de guerre d’Abou Moussab Abdelouadoud, la mort de cet «émir d’Al-Qaïda au Maghreb islamique* (AQMI) et [de] plusieurs de ses proches collaborateurs» marque la fin du règne des petits émirs algériens au Sahel.

Sahel: Daesh et Al Qaida divergence d’approche stratégique ou diversion ?

Depuis près d’un quart de siècle, le Sahel fait partie des composantes stratégiques des doctrines politico-diplomatiques et miliaires des Etats et organisations internationales. En plus des facteurs aggravants traditionnels (immensité du périmètre, aridité du sol, conflits autour de ressources non-renouvelables, exacerbation tribale, gouvernance), la région germe de plus en plus les acteurs sociaux et politiques qui se structurent autour d’alliances de circonstances et ponctuelles au gré des intérêts.