Sahel: Daesh et Al Qaida divergence d’approche stratégique ou diversion ?
Depuis près d’un quart de siècle, le Sahel fait partie des composantes stratégiques des doctrines politico-diplomatiques et miliaires des Etats et organisations internationales. En plus des facteurs aggravants traditionnels (immensité du périmètre, aridité du sol, conflits autour de ressources non-renouvelables, exacerbation tribale, gouvernance), la région germe de plus en plus les acteurs sociaux et politiques qui se structurent autour d’alliances de circonstances et ponctuelles au gré des intérêts.


Jusqu’alors, les spécialistes du continent africain percevaient, dans l’individualisme, un genre de vie lié à un stade de confort et d’instruction. En 2020, son intrusion massive et sans préavis au milieu de la sociabilité appelle un ajustement du champ de vision et la diète des préjugés ; l’éradication du Covid-19 laisse entrevoir un défoulement d’énergies dont il serait hasardeux de présumer le potentiel d’altruisme et de paix.
En ce mois d’avril 2020, pris dans l’angoisse et la peur de mourir, ou de perdre les leurs, les confinés du Covid – 19, ne peuvent avoir qu’une très pale idée de la hantise et de l’angoisse des Tutsi Rwandais d’avril – juillet 1994. En ces temps-là, le confinement ne protégeait pas de la pandémie. Ni les informations des radios et de la télévision nationale qui, au contraire d’aujourd’hui pour le Covid 19, conseillaient à leurs auditeurs comment donner la mort et encourageaient à en donner davantage.
‘’La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même’’ déclarait à ses compatriotes, frappés par la grande dépression, le président Franklin D Roosevelt. Quatre-vingt-dix ans après, ce message reste actuel face au Covid-19.
La pandémie du Coronavirus aura-t-elle des conséquences sur la situation sécuritaire du Sahel ?