Côte d’Ivoire, terrorisme au nord : entre stratégie civile et militaire quel dispositif adopter ?

Le terrorisme s’est imposé au Sahel, comme une composante de la géopolitique durant les deux dernières décennies. Le phénomène, par ses multiples stratégies (dissimulation, discours sectaire, hybridation), défie les paradigmes des États du champ et les initiatives internationales. Depuis plusieurs années, le phénomène définit son itinéraire et ne cache plus ses ambitions expansionnistes. La nouvelle carte, en mobilité constante au sud du Sahel, autorise une réinterprétation de la menace en Côte d’Ivoire, celle-ci passant, désormais, de l’exogène à l’endogène. De ce point de vue, comment s’opère la dynamique en cours ?

Très souvent le danger surgit du coté où on l’attend le moins ! Au Sahel, la mort violente du président Deby en est une terrible illustration. La disparition inopinée du président guerrier, Idriss Deby, a rebattu les cartes à travers la région. Aujourd’hui, avec deux transitions politiques en cours, Mali et Tchad, des enjeux politico militaires multipliés et un terrorisme qui renforce sa base et étend son front, le Sahel, plus que jamais se trouve à la croisée des chemins.
L´Afrique sahélienne est une région qui évolue depuis plusieurs années sous les projecteurs à cause de la crise sécuritaire, toutefois celle-ci est liée à d’autres facteurs : démographiques, alimentaires, environnementaux, sanitaires qu’il est bon de rappeler.
Par Lassina Diarra, chercheur sur Islamisme et terrorisme en Afrique de l’ouest, centre4s.
Un Sommet G5 Sahel – France se tiendra le 15 février à N’Djamena. Huit ans après le débarquement réussi des troupes françaises au Mali, le temps est venu pour les parties alliées d’évaluer la situation afin d’éviter le délitement des consensus nationaux autour de leur combat et d’échapper à l’enlisement des armées. Aujourd’hui, leur ennemi le plus redoutable est le maintien du statu quo. Précisément, comment y échapper ?
La majeure partie de l’opposition au président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) avait salué le coup d’État du 18 août 2020. Elle nourrissait l’espoir de voir le Conseil National pour le Salut du Peuple (CNSP) épargner le Mali des violences terroristes et communautaires et d’une profonde crise économique, sociale et politique. Le retour des civils au pouvoir, au terme d’une transition courte, faisait, également, partie de ses attentes. L’occupation progressive de l’espace politique par les militaires a semé le doute.