Renforcer la surveillance électronique des frontières au Sahel

Le Poste militaire avancé d’Inatès, dans le Sud-ouest du Niger, à sa frontière avec le Mali, a été attaqué, le 10 décembre 2019, causant la perte de soixante-et-onze (71) militaires nigériens. Le terrible bilan a provoqué des coups de colère dans ce pays. Parmi les réactions, celles d’acteurs centraux de la vie politique du pays ont montré sur quoi se fonde leur doute quant à l’utilité des bases militaires installées au Sahel : le fait qu’elles ne fournissent pas toujours des informations sur les mouvements des djihadistes, aux moments critiques, aux forces armées des pays hôtes. Leur lenteur de réaction est aussi décriée, quand elles sont informées de combats en cours. Ces informations, stratégiques, permettraient aux armées du G5 de prévenir les assauts des djihadistes.  La surveillance des territoires ne peut être efficace que si des procédés électroniques sont utilisés, au regard de l’étendue de l’espace à défendre et au vu de la dynamique des allers et venues des terroristes. Les Américains sont leaders dans cette technologie et en vendent aux Français.

Afrique de l’ouest et l’expansion djihadiste.

Le terrorisme sahélien prend de l’ampleur et gagne de nouveaux territoires. Il fait peser dangereusement le curseur de la terreur sur le Golfe de Guinée. La montée des actes d’intolérance confessionnelle et la problématique structurelle auxquels font face nombreux Etats côtiers pourraient constituer un ressort de l’enracinement de la violence terroriste. Ostensiblement, au Sahel, le péril terroriste montre de plus en plus l’itinéraire de son expansion, mais brouille conséquemment la posture opérationnelle des Etats, du fait, notamment, de l’hybridation de ses méthodes ; entre prise en charge des frustrations populaires, enseignement de la haine et diffusion des théories de la conspiration.

L’Afrique peut-elle se passer des forces étrangères tant décriées sur le continent ?

Le concept de “forces de maintien de la paix” de l’ONU déployées en Afrique est devenu totalement obsolète, estime un ancien haut fonctionnaire de l’ONU.

Avec quelque 20 000 soldats étrangers déployés depuis une vingtaine d’années sur son territoire, la République démocratique du Congo bat tous les records. Ces forces dites “de maintien de la paix” assistent impuissantes aux massacres contre les populations dans l’est du pays. La ville martyre de Beni, dans la province du Nord-Kivu, en a particulièrement souffert en novembre 2019. Une centaine de personnes y ont été sauvagement tuées à la machette par des rebelles. Les Congolais manifestent bruyamment leur colère. Ils ne veulent plus de ces troupes étrangères venues faire de la figuration dans leur pays.

Sahel : contre les forces étrangères ?

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, des organisations de la société civile (OSC), des partis d’opposition, de même que des syndicats de travailleurs et d’étudiants, protestent de plus en plus contre la présence des forces étrangères dans leurs pays. Ces sentiments partent de plusieurs motivations : le respect de l’esprit des indépendances qui avaient amené les nouveaux États, tels la Haute-Volta (devenu Burkina Faso) et le Mali, à exiger le départ de l’armée française de leur territoire et, aussi, les relatifs faibles résultats des dites armées étrangères dans leur appui à la lutte contre le terrorisme.

Sahel : ‘’c’est la faute des autres ‘’!

Au Sahel, certains gouvernements ont le regard fixé sur le rétroviseur, ne voulant rien savoir du présent et encore moins du futur. Le discours populiste et son lancinant refrain, c’est la ‘’faute des autres’’, condamne fréquemment l’action de la communauté internationale sans rien offrir en échange. Une démagogie qui ne rend service ni aux pays du Sahel ni aux régimes eux-mêmes. Un regard, nouveau et libéré, est devenu nécessaire.