Afrique. Quand le terrorisme sahélien fait cap vers le Sud

Partis du Sahel, les Groupuscules terroristes armées (GTA) progressent dangereusement vers le Sud du continent en direction du Golfe de Guinée, selon Ahmedou ould Abdallah, ancien chef de la diplomatie mauritanienne, ex-secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations Unies (ONU), qui fût représentant spécial dans plusieurs pays et régions d’Afrique (Burundi, Afrique de l’Ouest, Somalie).

S’exprimant à travers un entretien exclusif publié jeudi dernier par Sputnik-News, ce haut diplomate à la retraite, qui avait fait quelques révélations en rapport avec ce sujet il y a quelques mois, explique comment la violence djihadiste s’étend en Afrique de l’Ouest jusqu’aux Etats côtiers d’Afrique centrale.

Le président du Centre d’analyse et de prospective «4S» établi à Nouakchott, fournit des détails sur le mode opératoire, suivant lequel le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), dirigé par Iyad Ag Ghali (émir d’Ansar Dine, lié à Al Qaida au Maghreb Islamique) et l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), sont actuellement en train de réaliser leur objectif d’implantation dans le sud du continent africain.

Sahel Sahara, l’harmattan?

Avril, mai et juin sont les mois chauds et rudes du Sahel. L’harmattan y est la transition saisonnière entre la clémence du premier trimestre et les chaleurs infernales du second. Cycles climatiques, développements politiques en Algérie et au Soudan et, sécuritaires au cœur du Sahel, alimentent les spéculations de populations souvent frustrées mais désormais connectées.

 

 

Les manifestations se poursuivent en Algérie, vers où se dirige le pays?

Depuis le 22 février, tous les vendredis des rassemblements de masse pacifiques sont organisés pour réclamer un changement en Algérie. La population souhaite que son pays soit à la hauteur de sa réputation historique de lutte contre le colonialisme, de liberté et d’indépendance. Alors que beaucoup ont interprété les manifestations comme une continuation de la vague du « printemps arabe », l’Algérie est le seul pays arabe à avoir tenté une expérience de démocratisation dès les années 1990. La révolte actuelle, qui en est à sa neuvième semaine, était donc prévisible compte tenu de l’histoire de l’Algérie, tout en étant sans précédent, pleine d’espoir et compliquée.