WAFO | Washington Forum: Terrorisme l’appel du G5 à la communauté internationale
Le Niger sous le choc après la mort de 71 soldats dans l’attaque d’Inates et la région du Sahel, sur le qui-vive, cherche une réponse plus efficace aux assauts répétés des groupes armés.
Les chefs d’Etat du G 5 Sahel se sont réunis en urgence à Niamey après la tragédie d’Inates alors qu’un sommet de clarification qui devait se tenir à Pau, en France, à l’appel du président Emmanuel Macron, a été reporté à janvier. Les groupes terroristes mettent la pression sur des forces de sécurité qui essaient de s’ajuster pour mieux faire face à la menace jihadiste. Quelle stratégie face aux groupes armés dans le Sahel ? Quel rôle pour la communauté internationale dans cette lutte contre le terrorisme ? Comment rassurer une opinion publique de plus en plus sceptique ? Autant de questions que nous allons aborder au cours de ces 30 prochaines minutes.

Le terrorisme sahélien prend de l’ampleur et gagne de nouveaux territoires. Il fait peser dangereusement le curseur de la terreur sur le Golfe de Guinée. La montée des actes d’intolérance confessionnelle et la problématique structurelle auxquels font face nombreux Etats côtiers pourraient constituer un ressort de l’enracinement de la violence terroriste. Ostensiblement, au Sahel, le péril terroriste montre de plus en plus l’itinéraire de son expansion, mais brouille conséquemment la posture opérationnelle des Etats, du fait, notamment, de l’hybridation de ses méthodes ; entre prise en charge des frustrations populaires, enseignement de la haine et diffusion des théories de la conspiration.
Le concept de “forces de maintien de la paix” de l’ONU déployées en Afrique est devenu totalement obsolète, estime un ancien haut fonctionnaire de l’ONU.
Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, des organisations de la société civile (OSC), des partis d’opposition, de même que des syndicats de travailleurs et d’étudiants, protestent de plus en plus contre la présence des forces étrangères dans leurs pays. Ces sentiments partent de plusieurs motivations : le respect de l’esprit des indépendances qui avaient amené les nouveaux États, tels la Haute-Volta (devenu Burkina Faso) et le Mali, à exiger le départ de l’armée française de leur territoire et, aussi, les relatifs faibles résultats des dites armées étrangères dans leur appui à la lutte contre le terrorisme.
Au Sahel, certains gouvernements ont le regard fixé sur le rétroviseur, ne voulant rien savoir du présent et encore moins du futur. Le discours populiste et son lancinant refrain, c’est la ‘’faute des autres’’, condamne fréquemment l’action de la communauté internationale sans rien offrir en échange. Une démagogie qui ne rend service ni aux pays du Sahel ni aux régimes eux-mêmes. Un regard, nouveau et libéré, est devenu nécessaire.